Pourquoi la rencontre de la psychologie et de la méditation est-elle est essentielle ?

A l’heure où la méditation n’est plus réservée à une élite engagée sur une voie spirituelle orientale mais s’inscrit dans le champ de la santé mentale, la nouvelle génération de psychologues se trouve à la croisée des mondes. La méditation continue d’échapper aux cases où l’air du temps voudraient l’enfermer et trouve place au cœur de notre société moderne. La psychologie se dégage des carcans identitaires, elle s’ouvre à de nouveaux horizons de sens et de soins. C’est pourquoi il est nécessaire aujourd’hui d’engager une "pensée méditante" sur la rencontre entre la thérapie occidentale et le chemin de l’attention développé de manière laïque par le bouddhisme. L’attention ouverte favorise une écoute authentique, ancrée dans la présence corporelle, gage d’une parole libre qui tend à ne plus méconnaître la vérité de la souffrance, la singularité de l’expérience et le désir de vivre. La méditation alliée à la psychologie ouvrirait-elle un nouvel espace thérapeutique, une nouvelle entente de l’être humain plus profonde, hors de tout dogmatisme théorique, de présupposés philosophiques ou d’inscription religieuse ? Ce blog en est la recherche vivante.

samedi 1 août 2009

Le travail le plus dur au monde : la présence

Et si le plus difficile à faire était aussi le plus simple ?


Nous pensons les deux termes en opposition, mais le contraire du simple ce n'est pas le difficile, c'est le compliqué. Le présent n'est pas compliqué, il n'est que ce qu'il est, une seule situation à un moment donné. Alors, qu'y a-t-il de plus simple que rester présent ? Mais pour autant, le faisons-nous bien souvent ?

Il suffit de s'asseoir quelques minutes sur un coussin de méditation pour se voir partir à la dérive à la moindre occasion. Par chance, le corps reste à sa place (c'est déjà ça !) et puis on respire toujours, qu'on y prête attention ou non. Mais cet ancrage mis à part, le "reste" dont dépend la pratique toute entière, la sensation du corps comme du souffle, c'est l'esprit. Et alors lui, c'est une autre affaire que de l'amener à rester présent. Cela s'avère même très, très difficile. Toujours emporté ailleurs. Les pensées se chevauchent, se suivent et ne se ressemblent pas. A vrai dire, ça n'a souvent pas grand sens. Mais lorsqu'on pratique, il semblerait qu'il y ait toujours autre chose à faire que d'être présent...


Comme l'écrit Jon Kabat-Zinn dans son livre L'éveil des sens :

« Etre présent est loin d’être trivial.

C’est peut-être le travail le plus dur du monde.

Oubliez le « peut-être ».

C’est le travail le plus dur du monde »


Eh bien voici nommé le plus dur travail du monde : être présent.

C'est difficile, mais c'est simple, pour la bonne raison qu'il suffit de le faire. Pas besoin d'avoir de grandes dispositions pour s'ouvrir à la présence, ce n'est pas le moment d'être particulièrement ingénieux, performant, sûr de soi... quoi que cela puisse être très bien par ailleurs, ce n'est pas de cela qu'il s'agit ici. L'effectivité n'est pas de mise, car il suffit de porter attention au présent, qui ne nous a pas attendu pour exister. Il suffit d'écouter ce que dit le monde. Porter attention à ce qui est déjà là. Non fabriqué, n'attendant que notre participation pour se déployer à sa pleine mesure, le présent est là.

La méditation assise est le moyen le plus simple, le plus direct et le plus immédiat pour accéder à cet état d'attention que requiert la présence. C'en est le développement et la pratique même, la réalisation sur-le-champ.


Sur ce, je pense que c'est l'heure d'aller travailler durement !

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